
Jeu de société · Deck-building
Living Forest : sauver la forêt, carte après carte
Un deck-building tendu où l'on tente sa chance pour protéger l'arbre sacré. Une de nos boîtes préférées à sortir le jeudi soir à DSL.
Living Forest en bref
Joueurs
2 à 4
très bon à 3-4
Durée
40 à 60 min
selon le nombre de joueurs
Âge
Dès 10 ans
Complexité
Moyen
niveau initié
Sortie
2021
éditeur Ludonaute
Living Forest, c'est quoi ?
Dans Living Forest, chaque joueur incarne un esprit de la nature. La mission tient en une phrase : sauver l'arbre sacré et la forêt qui l'entoure des flammes d'Onibi, une créature de feu qui rôde au centre de la table. Les illustrations d'Apolline Etienne posent tout de suite l'ambiance — forêt lumineuse, esprits-animaux attachants, lumière dorée filtrant entre les branches. C'est doux à regarder, et ça donne envie de poser le jeu sur la table rien que pour l'objet.
Sous cette couverture paisible se cache un moteur malin. Living Forest mélange deux idées. D'un côté le deck-building, mécanique où l'on construit petit à petit son paquet de cartes pendant la partie, en recrutant de nouveaux animaux gardiens. De l'autre le « stop ou encore » : on retourne ses cartes une par une en espérant la bonne combinaison… sans aller trop loin. Chaque animal apporte des éléments : du soleil pour attirer de nouveaux gardiens, des germes pour planter des arbres, de l'eau pour éteindre les feux, de la sagesse pour avancer, et de précieuses fleurs sacrées.
Le sel du jeu tient dans une règle toute bête. Tant que la ligne de cartes retournées montre moins de trois symboles solitaires (les petites flammes esseulées), on continue tranquillement et on profitera de deux actions. Mais dès qu'un troisième symbole solitaire apparaît, la chance tourne : on s'arrête net et il ne reste qu'une seule action. Toute la tension est là — pousser sa veine ou jouer la sécurité. Et comme on gagne par trois chemins différents, douze arbres plantés, douze fleurs récoltées ou douze feux éteints, aucune partie ne ressemble vraiment à la précédente.
Comment se déroule une partie
Un tour de Living Forest tient en quelques gestes, répétés jusqu'à ce qu'un esprit atteigne son objectif.
- 1
On retourne ses gardiens
À son tour, on révèle les cartes de son deck une par une. Chaque animal vient compléter sa ligne d'entraide avec ses éléments et, parfois, un symbole solitaire qui fait grimper le risque.
- 2
On choisit : s'arrêter ou pousser
Tant qu'on a moins de trois symboles solitaires, on peut continuer à retourner des cartes. Le pari : récolter plus d'éléments sans déclencher ce troisième symbole, qui réduit le tour à une seule action.
- 3
On fait le compte des éléments
Soleil, eau, germes, sagesse et fleurs s'accumulent sur la ligne révélée. Ce sont eux qui financent les actions du tour, selon ce qu'on a osé retourner.
- 4
On agit une ou deux fois
Recruter un animal plus puissant renforce le deck pour la suite. Planter un arbre protecteur, éteindre un feu ou cueillir une fleur rapproche, lui, de la victoire immédiate.
- 5
On avance sur le Cercle des esprits
La sagesse fait progresser son pion sur le plateau central. Une bonne position donne accès à de meilleurs animaux et permet de doubler ses adversaires sur les cases convoitées.
- 6
On garde un œil sur Onibi
Les feux se propagent et menacent les arbres. Surveiller la créature évite les mauvaises surprises pendant qu'on file vers ses douze points.
Pour qui ?
Living Forest vise les tables qui aiment réfléchir sans y passer trois heures. Dès dix ans, les règles s'expliquent en quelques minutes, mais le choix de s'arrêter ou de pousser sa chance occupe l'esprit toute la partie. C'est un bon pont entre les jeux familiaux et les jeux dits « initiés », un peu plus exigeants sans devenir des usines à gaz.
- Les familles avec ados, qui cherchent un jeu beau et malin sans manuel de cinquante pages.
- Les joueurs qui découvrent le deck-building et veulent une porte d'entrée en douceur.
- Ceux qui aiment la tension du « stop ou encore » et les petits dilemmes à chaque tour.
- Les amateurs de jeux à thème nature, animaux et ambiance apaisée.
- Les groupes qui apprécient l'interaction : on se dispute les animaux et les bonnes places.
Histoire et création
Living Forest est le premier jeu publié du Danois Aske Christiansen. Édité par Ludonaute, éditeur français, il a été mis en images par l'illustratrice Apolline Etienne, dont le trait lumineux fait beaucoup pour le charme de la boîte. Le pari de départ — croiser le deck-building avec une mécanique de stop ou encore et trois conditions de victoire — n'allait pas de soi. Il a pourtant trouvé son public dès sa sortie, salué pour sa fluidité et sa rejouabilité. Pas mal, pour un coup d'essai.
Récompenses
La reconnaissance est venue vite. En 2022, Living Forest a remporté l'As d'Or – Jeu de l'Année dans la catégorie Initié, le prix décerné chaque année au Festival international des jeux de Cannes pour les jeux un cran au-dessus du familial pur. La même année, il a aussi décroché le Kennerspiel des Jahres, la déclinaison allemande qui récompense les jeux de société plus exigeants que le Spiel des Jahres familial. Réussir ce doublé franco-allemand la même année reste rare, et en dit long sur l'équilibre du jeu.
Le vocabulaire de Living Forest
Onibi
La créature de feu, antagoniste de la partie. Ses flammes menacent les arbres ; les éteindre est l'un des trois chemins vers la victoire.
Sanki
Le grand gardien de la forêt. Réunir douze fleurs sacrées le réveille et ouvre une autre façon de l'emporter.
Cercle des esprits
Le plateau central sur lequel on déplace son pion grâce à la sagesse. Bien se placer ouvre l'accès à de meilleurs animaux.
Symbole solitaire
La petite flamme isolée présente sur certaines cartes. En accumuler trois stoppe le tour et limite le joueur à une seule action.
Deck-building
Mécanique où l'on construit son paquet de cartes au fil de la partie, en ajoutant des animaux gardiens plus efficaces.
Stop ou encore
Le dilemme de tenter sa chance : retourner une carte de plus pour gagner davantage, au risque de tout faire capoter.
Variantes et extensions
Living Forest a connu des prolongements. L'extension Kodama ajoute de petits esprits sylvestres et de nouvelles options pour varier les parties une fois les règles de base bien en main. Il existe aussi une version pensée pour le face-à-face, Living Forest Duel, qui adapte les idées du jeu original à une partie à deux joueurs, plus tendue et plus directe. À DSL, on sort le plus souvent la boîte de base, parfaite pour faire découvrir le jeu à une tablée.
Living Forest en vidéo
Les règles de Living Forest (et un mot sur l'extension Kodama) expliquées en quelques minutes par Ludochrono, la chaîne du média Ludovox.
Si vous aimez Living Forest, essayez aussi
Quatre jeux de notre étagère qui partagent un air de famille avec Living Forest.
- →Cascadia
Même veine nature et animaux, placement de tuiles très accessible. Primé lui aussi en 2022, côté familial.
- →Wingspan
Un moteur de cartes autour des oiseaux : on collectionne, on combine, on optimise. Thème nature et belle édition.
- →Dominion
Le grand classique du deck-building, pour comprendre d'où vient la mécanique de construction de paquet.
- →Akropolis
Autre lauréat de l'As d'Or Initié, malin et rapide, pour prolonger l'envie de jeux à ce niveau.
Envie de tenter votre chance à Living Forest ?
DSL réunit les joueurs chaque jeudi à 20h, Salle du Peuple, 4 Place de la Mairie à Roujan. Living Forest fait partie des boîtes qu'on aime sortir pour une partie à trois ou quatre.
Venir jouer à Living Forest chez DSL
Living Forest est joué chez DSL à Roujan, à quelques minutes des principales communes de l'Hérault. Notre association accueille des joueurs de :
DSL se réunit uniquement à Salle du Peuple, 4 Place de la Mairie, 34320 Roujan, jeudi 20h.
