Vie du club
Essayer un jeu de société avant de l'acheter : ce que change un club comme DSL
Plus d'un millier de nouveautés paraissent chaque année. Personne ne peut tout acheter, ni tout tester seul. C'est là qu'un club prend tout son sens.
Le vrai frein au jeu de société, ce n'est pas l'envie
Envie de se mettre aux jeux de société modernes ? Le désir est rarement le problème. Le budget et le choix, si. Une boîte un peu ambitieuse grimpe vite à plusieurs dizaines d'euros, et certaines grosses productions dépassent la centaine : une campagne comme Gloomhaven, par exemple, pèse lourd sur un budget loisir. Et surtout, il en paraît tellement qu'on ne sait plus où donner de la tête. D'après les études du secteur relayées par la presse spécialisée, la France voit sortir plus d'un millier de nouveautés chaque année. Aucune étagère, aucun porte-monnaie ne peut suivre ce rythme.
Le loisir a changé d'échelle. La France est devenue le troisième marché mondial du jeu de société, derrière les États-Unis et l'Allemagne, un rang que confirment les cabinets d'études comme Xerfi. Une enquête IFOP a même montré qu'une large majorité de foyers français jouent régulièrement. On est loin des trois classiques qui prenaient la poussière au fond d'un placard. Le jeu de société est devenu un univers foisonnant, qui se renouvelle sans arrêt et déborde largement du Monopoly de l'enfance.
Du coup, celui qui débute se retrouve devant un mur. Quel jeu pour ma famille ? Lequel tient vraiment ses promesses une fois la boîte ouverte ? Acheter à l'aveugle, sur la foi d'une jolie couverture ou d'un avis croisé en ligne, c'est la porte ouverte à un carton de jeux joués une seule fois puis oubliés. On connaît tous quelqu'un à qui c'est arrivé. Parfois, c'est nous.

Tester d'abord, décider ensuite
C'est précisément le service qu'un club rend, presque sans le formuler. On y joue sur place à des jeux qu'on ne possède pas. Un membre apporte sa boîte, l'installe, explique les règles, et voilà quatre personnes qui découvrent en une soirée un titre qu'elles hésitaient à commander. Pas d'engagement, pas de facture, pas de regret. Juste une partie pour se faire une vraie idée, cartes en main plutôt que sur le papier.
Cette logique de partage, les ludothèques françaises la portent depuis des décennies : ces lieux, souvent municipaux, où l'on emprunte un jeu comme on emprunte un livre, fédérés à l'échelle nationale par l'Association des Ludothèques Françaises. Un club associatif ne joue pas tout à fait le même rôle : on ne repart pas forcément avec la boîte sous le bras. Mais l'idée de fond se rejoint. Faire circuler le jeu, le montrer, le prêter le temps d'une soirée, plutôt que de le laisser dormir sur une étagère.
- Essayer plusieurs jeux dans la même soirée, sans en acheter aucun
- Voir un jeu expliqué par quelqu'un qui le connaît, au lieu de déchiffrer un livret de trente pages tout seul
- Se faire conseiller selon ses goûts réels, pas selon une couverture ou une publicité
- Découvrir des titres qu'on n'aurait jamais osé prendre, parce qu'un habitué les sort
- Comparer deux jeux proches avant de choisir lequel mérite une place chez soi
Le jeu de société en France, quelques repères
Nouveautés par an
1 000+
estimation du secteur, relayée par la presse spécialisée
Rang mondial
3ᵉ
derrière les États-Unis et l'Allemagne (Xerfi)
Foyers qui jouent
~2 sur 3
enquête IFOP
Prix d'une boîte
Très variable
de quelques euros à plus de cent pour une grosse boîte experte
Le conseil, la valeur qu'on oublie de compter
Il y a un autre atout, plus discret. Dans un club, on ne teste pas au hasard : on est aiguillé. Quelqu'un qui vous a vu jouer deux ou trois fois cerne vite ce qui vous plaît, et vous orientera plus finement qu'un classement en ligne ou qu'une pile de boîtes en rayon. Ce conseil-là, personnalisé, sans arrière-pensée commerciale, vaut de l'or quand on veut éviter l'erreur d'achat.
Car un jeu excellent dans l'absolu peut très bien ne pas coller à votre table. Même un titre primé, que ce soit par l'As d'Or, remis chaque année au Festival international des jeux de Cannes, ou par le Spiel des Jahres, son équivalent allemand et le prix familial le plus suivi d'Europe, ne fera pas forcément l'unanimité chez vous. Catan a beau être la porte d'entrée que tout le monde cite, certains joueurs n'y accrochent pas. L'inverse arrive aussi : on tombe parfois amoureux d'un petit jeu de cartes que personne n'avait vu venir. Seul l'essai tranche.
Et chez DSL ?
À DSL, ça se passe le jeudi soir, à partir de 20h, à la Salle du Peuple de Roujan. Les tables se montent au fil des arrivées, et une bonne part de ce qui s'y joue appartient aux membres eux-mêmes. Quelqu'un a flashé sur une nouveauté ? Il la ramène, on la sort ensemble. C'est souvent comme ça qu'un jeu finit par tourner dans plusieurs foyers du secteur : il a d'abord fait ses preuves sur une table du club, un jeudi soir, avant que qui que ce soit ne l'achète.
Pour qui arrive sans rien connaître, c'est confortable. Pas besoin d'investir avant de savoir si on accroche. On s'assoit, on essaie, on repart avec un avis, et parfois avec l'idée d'un cadeau bien ciblé pour un anniversaire ou pour Noël. Côté trésorerie d'une asso comme la nôtre, c'est d'ailleurs un calcul qu'on assume volontiers : mutualiser quelques boîtes qui tournent vaut mieux que de voir chacun acheter dans son coin, parfois en double. Le club devient une sorte de banc d'essai grandeur nature, ouvert une fois l'adhésion prise.
Et si l'envie de creuser une famille de jeux se confirme, il y a de quoi explorer. Jeux familiaux, coopératifs, party games, stratégie, formats à deux joueurs : chaque catégorie a ses portes d'entrée, et souvent quelqu'un pour vous y accompagner.
Par où commencer à explorer
Quelques familles de jeux qu'on croise à peu près chaque jeudi, à tester avant de choisir.
- →Jeux familiaux
Des règles vite comprises, pour jouer petits et grands mélangés
- →Jeux coopératifs
Tout le monde dans le même bateau, contre le jeu plutôt que l'un contre l'autre
- →Jeux d'ambiance
Des party games courts et rigolards, parfaits à six ou huit
- →Jeux de stratégie
Pour ceux qui aiment planifier plusieurs coups à l'avance
- →Jeux pour 2 joueurs
Le duel qui monte, idéal en couple ou entre amis
Pour qui c'est fait, pour qui ça l'est moins
Ce fonctionnement parle surtout à trois profils. Celui qui hésite avant chaque achat et déteste se tromper. Celui dont le budget est compté et qui préfère mutualiser plutôt que d'empiler les boîtes. Et la famille curieuse, qui veut varier les plaisirs sans transformer le salon en réserve de jeux. Pour eux, essayer avant d'acheter tombe sous le sens, et fait même faire des économies.
À l'inverse, le collectionneur dans l'âme, celui qui aime posséder, aligner et rouvrir ses boîtes, ne trouvera pas là de quoi remplacer ce plaisir : le club le complète, tout au plus. Quant à celui qui ne jure que par un seul jeu, encore et toujours, il n'a pas grand-chose à tester, et c'est parfaitement respectable. Le club n'a jamais imposé de tout goûter. Il offre juste l'occasion, à ceux que la curiosité titille, de voir avant de payer.
Envie d'essayer avant d'acheter ?
Le plus simple, c'est de venir un jeudi soir voir ce qui se joue. On installe une table, on explique, et vous vous faites votre propre idée.
